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Voies de travers – Recherche 2020
Travailler au travers – il faut l’écrire au pluriel puisque les voies de travers sont, par définition, innombrables – ne consiste donc pas à ouvrir de grandes percées toutes droites dans la forêt vierge du non-savoir, ce qui supposerait de détruire les obstacles, de couper les lianes à la machette, de faire place nette des arbres et de leurs racines même, qui sont toujours encombrantes bien qu’invisibles d’abord. Cela suppose de marcher dans la jungle humide de l’immanence, d’accepter la persistance des obstacles, de buter sur les racines et de sentir les lianes passer sur notre visage. C’est vouloir respecter la complexité, voire le désordre du monde. C’est renoncer d’abord à démêler, à trancher trop brutalement dans les problèmes. Georges Didi-Huberman
Accompagnement Antia Diaz Otero
Avec le Soutien de la Fédération Wallonie Bruxelles
Image : Miho Kajioka